SURCHAUFFE

Le grand retour du Virtual Boy sur Switch 2 - Préparez vos yeux et vos cervicales pour l'expérience ultime

 


Vous pensiez que Nintendo avait enfoui le Virtual Boy au fond d'un bunker en béton armé aux côtés des cartouches d’E.T. sur Atari ? Détrompez-vous. La firme de Kyoto a décidé que le moment était venu de réhabiliter le vilain petit canard de son histoire. La vieille console rouge mérite votre respect et Nintendo compte bien vous le prouver en la ressuscitant sous la forme d'un accessoire pour la Switch 2. Accrochez vos ceintures (et préparez l'aspirine), car ce kit de résurrection (à 100 euros environ) pourrait bien être la meilleure façon, bien que tardive, de profiter de cette étrange vision de la 3D stéréoscopique qui nous a tant fait loucher en 1995.

Si vous n'avez pas connu cette époque glorieuse, petit rappel historique. le Virtual Boy original était une sorte de masque de plongée rouge et noir monté sur un trépied, demandant aux joueurs de se voûter comme des moines copistes pour apercevoir des graphismes monochromes. Oubliez la technologie archaïque des miroirs rotatifs et des LED uniques d'il y a trente ans. Cette nouvelle itération moderne vous demandera simplement de glisser votre Switch 2 flambant neuve dans le dispositif pour qu'elle serve d'écran stéréoscopique. Dans une vidéo récente qui a fait vibrer la corde sensible de tous les nostalgiques un peu masochistes, la marque japonaise a dévoilé le catalogue de lancement et il faut avouer qu'il y a de quoi être intrigué par ces pépites oubliées.


Nintendo ne fait pas les choses à moitié et ressort l'artillerie lourde avec des classiques comme Galactic Pinball, Golf et le vertigineux 3D Tetris. Mais le charme de cette annonce réside surtout dans les bizarreries qui l'accompagnent. Prenez Teleroboxer par exemple: imaginez un Mike Tyson’s Punch-Out!! futuriste où, au lieu de boxer ce pauvre Glass Joe, vous démolissez des robots. Une tendance assez prophétique quand on voit l'essor de la robotique actuelle. Le catalogue inclura également des titres qui n'avaient jamais quitté l'archipel nippon, comme The Mansion of Innsmouth, un jeu d'aventure labyrinthique inspiré de Lovecraft, ainsi que des classiques méconnus comme Red Alarm et l'incontournable Wario Land. Ce dernier est d'ailleurs souvent cité comme le meilleur jeu de la machine, utilisant la profondeur de champ pour faire sauter le personnage emblématique entre l'avant et l'arrière-plan avec une ingéniosité rare.

Mais la véritable hype pour les collectionneurs et les historiens du jeu vidéo réside dans la promesse de Nintendo pour 2026. L'éditeur prévoit de lancer des jeux qui n'ont jamais vu le jour à l'époque, le Virtual Boy ayant été débranché prématurément suite à son échec commercial cuisant. Nous parlons ici de légendes urbaines comme Zero Racers (un F-Zero qui ne dit pas son nom) et D-Hopper. Ces titres, aperçus uniquement dans les pages granuleuses des magazines de jeux vidéo des années 90 ou lors de salons professionnels, vont enfin sortir des limbes numériques. C'est un véritable travail d'archéologie vidéoludique qui nous est offert sur un plateau.

Évidemment, comme nous sommes en 2026, cette résurrection s'accompagne de tout le confort moderne de l'émulation. Fini la frustration impitoyable des années 90, vous pourrez désormais suspendre votre partie, créer des points de sauvegarde à la volée, remapper vos boutons et même rembobiner l'action si vous ratez un coup décisif au golf. Mieux encore, Nintendo a pensé à nos rétines en intégrant des palettes de couleurs alternatives. Si le rouge "saignement de nez" d'origine vous effraie, vous pourrez opter pour du jaune, du vert ou du noir et blanc classique. Il faudra pour cela retirer physiquement le filtre rouge intégré à l'accessoire, une petite touche hardware qui ravira les bidouilleurs.

Au final, l'idée de se pencher sur un trépied reste une recette miracle pour se bloquer le cou, et la nouveauté risque de s'estomper rapidement pour le grand public. Mais pour les curieux et les passionnés, c'est une fenêtre inespérée sur un monde parallèle où la 3D a pris un chemin différent, un hommage geek et décalé à une console qui a osé rêver trop grand, trop tôt, et trop rouge.