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L'Empire du Milieu contre-attaque - DeepSeek et les géants chinois autorisés à s'armer de puces NVIDIA H200

L'Empire du Milieu contre-attaque - DeepSeek et les géants chinois autorisés à s'armer de puces NVIDIA H200

Le paysage de l'intelligence artificielle vient de connaître un nouveau rebondissement géopolitique et technologique. Alors que la guerre des semi-conducteurs bat son plein entre Washington et Pékin, une information rapportée par Reuters suggère un changement de cap de la part des autorités chinoises. Le gouvernement de Xi Jinping aurait officiellement donné son feu vert à la start-up sensation du moment, DeepSeek, ainsi qu'aux mastodontes ByteDance, Alibaba et Tencent, pour acquérir les très convoitées puces H200 de NVIDIA.

Cette décision marque une rupture notable avec la stratégie récente de la Chine. Jusqu'à présent, Pékin tentait de dissuader ses champions nationaux d'acheter du matériel américain, préférant stimuler l'autosuffisance technologique via des fabricants locaux comme Huawei ou Baidu. La réalité du terrain semble malgré tout avoir rattrapé les ambitions politiques.

Bien que les alternatives locales progressent, le fossé technologique reste béant. Les puces H200, bien que n'étant que la deuxième gamme la plus puissante du fabricant (derrière les futures B200 Blackwell), offrent des performances environ six fois supérieures aux modèles H20, qui étaient jusqu'alors les seules puces bridées spécifiquement pour le marché chinois. Pour rester compétitif dans la course effrénée aux grands modèles de langage, la Chine semble avoir accepté, de façon pragmatique, que la technologie de NVIDIA reste, pour l'heure, incontournable.

L'ampleur de l'opération est importante. Selon les rapports, ByteDance (TikTok), Alibaba et Tencent ont reçu l'autorisation d'acquérir un total combiné de 400 000 processeurs graphiques H200. Cette force de frappe computationnelle pourrait changer les capacités de l'IA chinoise pour les années à venir.

Ce déblocage fait suite à une décision du gouvernement américain datant de décembre 2025. Washington avait alors autorisé NVIDIA à vendre ses processeurs à des entreprises chinoises triées sur le volet, moyennant une taxe de 25% sur ces ventes. C'est un jeu d'équilibriste pour les États-Unis, permettre à leurs fleurons technologiques de profiter de l'immense marché chinois tout en gardant un contrôle strict sur le matériel exporté.

Il ne faut pourtant pas s'attendre à voir ces super-puces débarquer à Shenzhen ou Pékin dès demain. La route est encore longue et semée d'embûches administratives. La commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) de Chine finalise actuellement les conditions strictes que ces entreprises devront respecter pour valider leurs commandes.

De l'autre côté du Pacifique, Jensen Huang, le PDG de NVIDIA, a tenu à tempérer les ardeurs. S'adressant à la presse, il a précisé que son entreprise n'avait pas encore reçu de commandes fermes de la part des firmes mentionnées, confirmant que la Chine est encore en train de peaufiner ses licences d'importation. La visite récente de l'homme d'affaire en Chine a sans doute aidé à débloquer la situation, mais la bureaucratie suit son propre rythme.

Le cas de DeepSeek est particulièrement scruté. Cette start-up a récemment secoué le monde de la tech en prouvant qu'il était possible de créer des modèles ultra-performants à moindre coût. Son inclusion dans cette liste d'acheteurs autorisés ne passe pas inaperçue à Washington.

Comme le note Reuters, l'approbation de cet achat pourrait soulever de nouvelles questions au Congrès américain. Un législateur a récemment accusé NVIDIA d'avoir indirectement aidé DeepSeek à développer des modèles d'IA qui auraient ensuite été utilisés par l'armée chinoise. Dans ce climat de méfiance, chaque transaction est susceptible d'être examinée à la loupe, transformant l'achat de processeurs en une véritable affaire d'État. Si la porte semble s'entrouvrir pour que la Chine modernise son infrastructure avec du matériel américain de pointe, le chemin reste étroit, surveillé et soumis aux aléas d'une diplomatie technologique sous haute tension. 

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