Cela fait des mois que la rumeur enfle dans les couloirs de la tech et passionne les amateurs de l'écosystème Google. Nous attendions avec impatience notre premier véritable aperçu d'Android fonctionnant nativement sur un PC, dans le cadre de la future plateforme hybride du géant américain connue sous le nom de code "Aluminium OS". Cette attente vient de prendre fin de manière spectaculaire, non pas par une annonce officielle grandiloquente, mais grâce à une erreur interne. Nous pouvons enfin voir le système en action et c’est à Google lui-même que nous devons cette fuite inattendue.
L'incident a débuté lorsqu'un rapport de bug, à première vue anodin, a été publié sur le "Google Issue Tracker". Repéré par les experts de 9to5Google, ce rapport concernait au départ un problème technique lié aux onglets de navigation privée dans Chrome. Le document contenait pourtant bien plus que de simples lignes de code. Il incluait deux enregistrements d'écran capturés directement depuis un appareil exécutant ce fameux Aluminium OS. Bien que Google ait rapidement réagi en restreignant l'accès au rapport, la rapidité d'Internet l'a emporté et les vidéos ont été sécurisées avant leur suppression. Ces séquences confirment non seulement l'existence du projet, mais révèlent également que le logiciel porte la mention "ALOS", l'acronyme désormais confirmé pour Aluminium OS.
Les détails techniques extraits de cette fuite sont particulièrement riches. Les métadonnées indiquent que les enregistrements proviennent d'un Chromebook HP Elite Dragonfly de 13,5 pouces, portant le nom de code interne "Brya(Redrix)" et équipé d'un processeur Intel Core de 12e génération. Le numéro de build affiché, ZL1A.260119.001.A1, associe explicitement ce système à Android 16. Il n'est pas surprenant de constater que Google utilise du matériel Chromebook existant pour développer et tester cette nouvelle expérience, transformant des machines actuelles en laboratoires pour le futur de l'informatique mobile de bureau.

Visuellement, ce que nous découvrons d'Aluminium OS ressemble exactement à la fusion que beaucoup espéraient, un mariage pragmatique entre la fluidité d'Android et la structure de bureau de ChromeOS. L'interface s'éloigne de l'expérience tablette classique pour offrir quelque chose de plus robuste. La barre d'état, située en haut de l'écran, est plus haute et clairement optimisée pour les grands affichages. Elle présente l'heure avec les secondes, suivie de la date, et sur la droite, on retrouve les icônes familières d'Android 16 pour la batterie, le Wi-Fi, ainsi qu'une cloche de notification et l'icône de l'assistant Gemini. Détail intéressant, la présence d'un indicateur de langue "EN", suggérant une gestion clavier plus poussée, typique des environnements de bureau.
La partie inférieure de l'écran révèle une barre des tâches qui conserve l'ADN de ChromeOS tout en intégrant des codes modernes. Le changement le plus notable est le déplacement du bouton de démarrage vers le centre, une esthétique qui rappelle les tendances actuelles d'Android et d'autres systèmes d'exploitation de premier plan. Le curseur de la souris a également subi une légère modification visuelle, arborant désormais une petite queue, ce qui le distingue des versions précédentes. L'expérience utilisateur semble fluide, intégrant des fonctionnalités de multitâche en écran partagé qui sont essentielles pour tout usage productif sur un ordinateur portable.
L'un des aspects les plus prometteurs révélés par cette fuite concerne le navigateur lui-même. L'interface de Google Chrome présentée s'aligne en grande partie sur la version Android pour grands écrans, mais avec une différence capitale avec la présence du bouton des extensions. Jusqu'à présent réservées à la version bureau classique du navigateur, leur arrivée sur cette version Android hybride pourrait changer la donne pour la productivité. Quant à la gestion des fenêtres, elle reste fidèle aux habitudes des utilisateurs de bureau, avec les boutons de réduction, de plein écran et de fermeture situés en haut à droite, comme sur ChromeOS. Cette fuite valide les propos de Sameer Samat, responsable d'Android et nous laisse impatients de découvrir la présentation officielle de cette convergence historique.
