Ah, Xbox ! Cette marque qui a guidé nos nuits blanches et nos sessions pendant près de trente ans est en train de vivre dans la douleur. Si vous pensiez que son histoire était une épopée héroïque, préparez vos mouchoirs car le dernier journal intime financier de la firme de Redmond ressemble plus à une nécrologie qu'à un rapport de victoire.
C’est un constat difficile mais nécessaire. Le département informatique personnel de Microsoft, qui englobe Windows, les PC Surface et notre chère Xbox, a piqué du nez de 3% par rapport à l'année dernière. Et devinez qui porte le bonnet d'âne ? Bingo, c'est Xbox. Pendant que les fabricants de PC Windows se maintiennent à flots (à peine), la division hardware s'est pris une telle gifle que même les gains globaux des expéditions de PC n'ont pas suffi à éponger le sang. Il faut dire que les revenus matériels de Xbox n'ont pas vu la couleur verte d'un bénéfice depuis 2023. En 2025, Microsoft a eu la brillante idée d'augmenter les prix de tout son matériel en blâmant les tarifs douaniers.
Pourtant, ne pleurez pas pour Microsoft. L'entreprise va très bien, merci pour elle. C'est même indécent. Satya Nadella, le grand patron, se baigne probablement dans une piscine de billets verts à l'heure qu'il est. Le chiffre d'affaires total a bondi de 17% et le bénéfice net de 23%, atteignant des sommets stratosphériques grâce à l'IA et au Cloud. C'est là que réside la véritable ironie, Xbox est en train de devenir le parent pauvre, le boulet financier que l'on traîne par nostalgie, alors que la division « Intelligent Cloud » rapporte à elle seule 51,5 milliards de dollars. Pendant ce temps, les revenus des contenus et services Xbox ont chuté de 5%. Ce n'est pas vraiment une surprise quand on sait que l'abonnement Game Pass Ultimate a vu son prix exploser en octobre dernier.
Nadella et Phil Spencer tentent bien de nous enfumer avec des discours marketing bien rodés, vantant des records d'heures de streaming et de joueurs PC, mais les chiffres ne mentent pas. Même les jeux censés être des blockbusters, comme Call of Duty: Black Ops 7 se sont vautrés lamentablement sur Steam avec à peine 400 000 copies vendues un mois après le lancement, contre plus de 2 millions pour l'opus précédent. Même les sorties sympathiques comme The Outer Worlds 2 ou Ninja Gaiden 4, et les remakes incessants de l'ère 360 comme Gears of War: Reloaded, n'ont pas suffi à inverser la vapeur. Le drame, c'est que même en vendant ces jeux sur toutes les plateformes possibles, cela ne compense pas l'effondrement des ventes de consoles ni ne justifie le prix exorbitant du Game Pass.
L'avenir semble tout aussi sombre. Certes, on nous promet Forza Horizon 6, le retour de Fable, ou encore Halo: Campaign Evolved pour cette année. Mais soyons réalistes, la plupart de ces titres débarqueront aussi sur PlayStation 5. Alors, quel est l'intérêt de dépenser dans une Xbox ? Aucun. Microsoft est avant tout une boîte de logiciel qui veut devenir le dieu vivant de l'IA, investissant des dizaines de milliards pour y parvenir. Xbox n'est plus qu'une note de bas de page, une anomalie statistique qui plombent les graphiques Excel parfaits de Nadella. Attendez-vous à plus de licenciements, plus de fermetures de studios et à voir la marque se diluer lentement dans le cloud, sacrifiée sur l'autel de la rentabilité artificielle.

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