Alphabet, la maison mère de Google, vient de clore l'année 2025 sur une note absolument spectaculaire. Dans son rapport de résultats pour le quatrième trimestre, le géant de Mountain View a dévoilé des chiffres qui donnent le vertige, confirmant non seulement sa puissance financière, mais surtout la réussite de son pari massif sur l'intelligence artificielle. Pour la toute première fois de son histoire, l'entreprise a franchi le seuil symbolique des 400 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel.
Cette performance historique est portée par un quatrième trimestre particulièrement robuste. Entre octobre et décembre 2025, Alphabet a généré 113,8 milliards de dollars de revenus, soit une augmentation impressionnante de 18% par rapport aux 96,5 milliards enregistrés à la même période l'année d'avant. La rentabilité suit cette même trajectoire ascendante avec un bénéfice net qui s'élève à 34,46 milliards pour le trimestre, contre 26,54 milliards un an plus tôt. Ces résultats dépassent même les performances du trimestre précédent, où l'entreprise affichait 102,3 milliards de dollars de revenus.
Le véritable moteur de cette accélération fulgurante porte un nom, Gemini 3. Le lancement de ce modèle en novembre a agi comme un catalyseur pour l'ensemble de l'écosystème Google. Sundar Pichai, le PDG d'Alphabet, n'a pas caché son enthousiasme. L'application Gemini compte désormais plus de 750 millions d'utilisateurs actifs mensuels, un bond de 100 millions par rapport au trimestre précédent. L'engagement des utilisateurs a explosé et les modèles "first party" de Google traitent désormais plus de 10 milliards de tokens par minute via les API.
Ce succès marque un revirement de situation spectaculaire pour l'image de la marque dans le domaine de l'IA. Après des débuts hésitants début 2024, notamment avec la génération d'images, elle a su redresser la barre grâce à des lancements réussis comme Gemini 3 et Nano Banana Pro. L'impact a été tel que la concurrence a tremblé. La direction d'OpenAI aurait déclaré un "code rouge" face à cette offensive et Jensen Huang de Nvidia a lui-même souligné la menace sérieuse que Google pose désormais à la domination du marché par OpenAI. Même des figures emblématiques de la tech, autrefois fervents défenseurs de ChatGPT, commencent à migrer vers l'écosystème Gemini.
Au-delà de l'IA pure, les piliers traditionnels du groupe affichent une santé de fer. YouTube continue de s'imposer comme le leader incontesté du streaming. Ses revenus annuels, combinant publicité et abonnements, ont dépassé les 60 milliards de dollars. La plateforme, avec Google One, totalise désormais plus de 325 millions d'abonnés payants. De son côté, Google Cloud termine l'année 2025 avec un taux d'exécution annuel de plus de 70 milliards, profitant directement de la demande insatiable des entreprises pour les infrastructures et produits liés à l'intelligence artificielle.
Tout n'est pourtant pas rose dans l'empire Alphabet. La section "Other Bets" (autres paris) continue de creuser ses pertes, affichant un déficit de 3,6 milliards ce trimestre, bien plus lourd que le milliard perdu l'année précédente, pour des revenus en légère baisse. Mais elles sont largement compensées par la croissance des services principaux. Les revenus publicitaires de YouTube au quatrième trimestre ont atteint 11,38 milliards, tandis que le segment comprenant le matériel, le Play Store et les revenus non publicitaires de YouTube en a rapporté 13,58.
Regardant vers l'avenir, Sundar Pichai et son équipe ne comptent pas ralentir la cadence. L'entreprise prévoit de doubler ses investissements en capital pour 2026, anticipant des dépenses situées entre 175 et 185 milliards de dollars, principalement allouées aux infrastructures d'IA. L'objectif est de soutenir cette innovation implacable et intégrer Gemini partout. Des partenariats sont déjà en place, notamment avec Apple pour une version personnalisée de Siri et avec Samsung pour ses appareils mobiles. De plus, Google prépare l'arrivée de fonctionnalités d'achat agentiques directement dans ses outils, transformant ainsi l'interaction conversationnelle en opportunité commerciale concrète.
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