ROMAIN LECLAIRE

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Le grand retour de Meta dans la crypto - Les paiements en Stablecoins prévus pour 2026

Le grand retour de Meta dans la crypto - Les paiements en Stablecoins prévus pour 2026

Selon de récentes révélations, Meta s'apprête à faire un retour fracassant dans l'univers des paiements en cryptomonnaies. L'entreprise dirigée par Mark Zuckerberg prévoit d'intégrer des paiements en stablecoins à travers l'ensemble de son écosystème, englobant Facebook, Instagram et WhatsApp. Ce lancement, ciblé pour la seconde moitié de l'année 2026, comprendrait un tout nouveau portefeuille numérique dédié à la gestion de jetons indexés sur le dollar américain. Contrairement à ses précédentes tentatives, Meta a cette fois-ci lancé des appels d'offres auprès de fournisseurs tiers. Stripe apparaît d'ailleurs comme le grand favori pour ce déploiement initial. Cette position avantageuse s'explique par le rachat récent de l'entreprise d'infrastructure de stablecoins Bridge par Stripe, ainsi que par la présence de son PDG, Patrick Collison, au conseil d'administration de Meta.

Cette nouvelle réveille inévitablement le souvenir de la tentative avortée de Meta de créer sa propre monnaie numérique il y a environ sept ans. En 2019, l'entreprise dévoilait le projet Libra, rebaptisé par la suite Diem. Il s'était heurté à un mur d'opposition de la part des législateurs et des régulateurs du monde entier. Ces derniers redoutaient qu'un tel système ne confère à Meta un contrôle démesuré sur les paiements mondiaux et n'affaiblisse la suprématie du dollar américain. Des inquiétudes concernant le blanchiment d'argent et le financement d'activités illicites avaient également été soulevées. Des rapports ont même révélé que la réserve fédérale américaine avait exercé une pression directe pour stopper le projet juste avant son lancement pilote en 2021, expliquant qu'il manquait un cadre réglementaire adéquat, ce qui a conduit à l'abandon définitif de Diem en janvier 2022.

Pour éviter de revivre ce cauchemar réglementaire, Meta adopte aujourd'hui une approche radicalement différente. Plutôt que d'émettre son propre jeton, le géant des réseaux sociaux s'appuiera entièrement sur des fournisseurs de stablecoins tiers déjà établis, gardant ainsi une certaine distance prudente avec les régulateurs. De son côté, David Marcus, l'ancien responsable des équipes Libra et Diem, a tiré ses propres leçons de cet échec cuisant. Il a quitté l'entreprise pour fonder Lightspark, une société développant des outils pour le réseau Lightning de Bitcoin. Il est désormais convaincu que seule une couche de base véritablement décentralisée, comme Bitcoin, permet d'échapper à la surveillance étatique qui a condamné les projets de blockchains privées.

Avec le recul, il semble que la vision de départ de Meta était simplement en avance sur son temps. Les stablecoins sont aujourd'hui au cœur des discussions dans la finance, devenant la première application blockchain au-delà du Bitcoin à trouver une véritable utilité quotidienne. Des géants comme Sony, PayPal ou encore Stripe dominent désormais ce secteur. Toutefois, ces actifs numériques s'éloignent fondamentalement de la vision libertaire originelle. Ils agissent désormais comme des monnaies traçables et centralisées, offrant aux autorités de puissants outils de surveillance, de censure et de saisie. Par ailleurs, l'adoption réelle doit être nuancée. Une analyse de McKinsey a démontré qu'en 2025, l'activité de paiement réelle en stablecoins ne représentait qu'environ 390 milliards de dollars, soit à peine 1% des volumes bruts affichés sur la blockchain et seulement 0,02% des paiements mondiaux.

Ce regain d'intérêt de la part de Meta s'inscrit parfaitement dans le nouveau paysage réglementaire américain. Le GENIUS Act, promulgué en juillet 2025 par le président Trump, a instauré le premier cadre fédéral strict pour les stablecoins, exigeant des licences bancaires, une parité stricte avec le dollar et des audits rigoureux. Bien qu'un projet crypto lié au président américain fasse actuellement l'objet de graves accusations de corruption, cette régulation de fer montre que les stablecoins modernes ressemblent davantage à des produits de la technologie financière classique qu'à une monnaie numérique indépendante capable de rivaliser avec les monnaies fiduciaires. Pour l'instant, les véritables innovations décentralisées continueront donc d'évoluer en dehors de ces circuits hautement contrôlés.

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