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Linux 6.19 - Fin de partie pour la branche 6.x

Linux 6.19 - Fin de partie pour la branche 6.x


Le kernel Linux 6.19 vient tout juste de sortir, fraîchement annoncé par Linus Torvalds en personne, et autant dire que cette version ressemble à un patch note XXL. Entre nouveaux drivers, optimisations réseau, améliorations de systèmes de fichiers et features de sécurité, elle marque la fin de la branche 6.x. Oui, Linux 7.0 arrive et son créateur avoue lui-même qu’il commence à manquer de doigts pour compter les versions.

Linux 6.19 débarque avec un arsenal de nouveautés qui montrent bien que le kernel continue d’évoluer comme un projet vivant, tentaculaire et toujours prêt à repousser les limites du hardware. Parmi les ajouts les plus marquants, on trouve la prise en charge de l’AMD Smart Data Cache Injection, une technologie qui optimise la gestion du cache pour les workloads les plus gourmands. Les utilisateurs de User-mode Linux peuvent désormais profiter du support multiprocesseur, ce qui ouvre la porte à des environnements de test plus costauds. Et pour les fans de bas niveau, un nouveau syscall fait son apparition, listns(), qui permet d’itérer proprement sur les namespaces du système. Oui, c’est du pur fan service pour les sysadmins.

Côté sécurité, cette release active les premières briques du support de LASS, la technologie Intel de séparation d’espace d’adressage, et introduit aussi un mécanisme de Live Update Orchestrator permettant des mises à jour du kernel via un reboot kexec. Ajoutez à cela le support de MPAM chez ARM, et vous obtenez un kernel qui muscle sérieusement son jeu sur la gestion fine des ressources. Les nouveautés continuent avec l’arrivée du support SFrame pour le dépliage différé des stacks user-space, la compatibilité LoongArch32, l’intégration des hash SHA‑3 et BLAKE2b, ou encore la prise en charge du protocole CAN XL. Même zram reçoit un buff avec le writeback batching. Le kernel s’attaque aussi à la gestion des tables de pages pour les IOMMU, ajoute getsockname() et getpeername() à io_uring, et permet désormais à EXT4 de gérer des systèmes de fichiers dont la taille de bloc dépasse celle de la page mémoire. EXT4 continue de surprendre en 2026.

Le VFS gagne la capacité de créer des délégations de répertoires rappelables, les événements de trace système peuvent lire des buffers user-space et NFS permet enfin de désactiver le cache pour les opérations direct‑I/O. Le kernel améliore aussi la gestion des huge pages transparentes en mémoire privée de device, ajoute un format JSON unifié pour les events perf et introduit un pipeline colorimétrique dans la couche graphique pour activer la sortie HDR matérielle. Les amateurs d’écrans qui brillent vont apprécier. Du côté de BPF, Linux 6.19 débloque les sauts indirects via un nouveau type de map, instructions array, et introduit un « file dynptr » pour lire proprement des données structurées dans des fichiers. Le système gagne aussi un mécanisme permettant aux programmes BPF de contrôler leur propre flag d’accounting. Bref, BPF continue de devenir un langage à part entière.

Les systèmes de fichiers ne sont pas oubliés, FUSE accélère les lectures bufferisées avec de gros folios, le kernel ajoute le support de RFC 5837 pour améliorer le route tracing, optimise le busy polling réseau, et permet de marquer certains sockets comme exemptés des limites mémoire globales. Btrfs, fidèle à sa réputation de chantier permanent, gagne un ioctl de shutdown, améliore ses performances de locking, et supporte désormais des tailles de blocs supérieures à la page mémoire en RAID56. Côté hardware, cette version élargit encore son bestiaire avec le support des ports USB‑C sur les Mac Apple Silicon, la compatibilité avec les Logitech G13 et G PRO X Superlight 2, la prise en charge des CPU Intel « Nova Lake » Core Ultra Series 4, des GPU Intel Xe3‑LPG, ainsi que des Adreno 612 et Mali‑G1. Le kernel continue de prouver qu’il est l’OS le plus polyvalent de la planète.

La sortie de Linux 6.19 ouvre officiellement la merge window de Linux 7.0, attendu pour avril 2026. Torvalds l’a confirmé, fini les numéros à rallonge, place à un nouveau cycle. Le premier Release Candidate arrivera le 22 février, puis un RC par semaine jusqu’à la release finale, prévue soit le 12, soit le 19 avril selon le nombre de RC nécessaires. En attendant, il ne reste plus qu’à guetter l’arrivée de Linux 6.19 dans les dépôts stables de nos distributions préférées. Les rolling releases comme Arch Linux ou openSUSE Tumbleweed devraient dégainer les premières. Le kernel 6.x tire sa révérence, et Linux 7.0 s’apprête à entrer en scène. Le monde du libre ne s’ennuie jamais.

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