Il y a près de seize mois, le lancement de la PlayStation 5 Pro, affichée au tarif pour le moins salé de 799 euros, n’avait pas exactement enflammé le cœur des joueurs. À l'époque, les simples promesses d'un plus grand nombre de cœurs graphiques et de fréquences revues à la hausse n'avaient pas suffi à générer une différence vraiment palpable manette en main. Pourtant, le vent est en train de tourner. Il semblerait que la clé ne réside finalement pas dans la force brute du matériel, mais bien dans la finesse de la magie logicielle. La mise à l'échelle de l'image, ou upscaling, s'impose désormais comme le facteur de différenciation entre les machines standards et les déclinaisons premium pour sublimer nos jeux.
Depuis près d'un an, Sony laissait planer le mystère autour des futures mises à jour de son outil maison, le PlayStation Spectral Super Resolution (PSSR). Concrètement, cette technologie récupère des images rendues à une résolution inférieure, puis les sublime de manière artificielle pour qu'elles paraissent avoir été calculées à une résolution native bien plus élevée. Dans un récent article du PlayStation Blog consacré à la sortie très attendue de Resident Evil Requiem, Mark Cerny a mis fin au suspense. L'architecte principal de la console a confirmé que cette version modernisée du PSSR serait déployée mondialement pour tous les possesseurs de PS5 Pro dans les semaines à venir.
Les premiers retours sont d'ailleurs saisissants. Le jeu horrifique de Capcom tourne de manière infiniment plus fluide sur la PS5 Pro comparé au modèle de base. Le titre affiche un éclairage transcendé grâce aux effets de ray tracing, tout en maintenant un framerate remarquablement constant de soixante images par seconde. L'attente sera de courte durée pour le reste du catalogue. Dès le mois de mars, Sony permettra à de multiples jeux existants de bénéficier de ce PSSR amélioré. Les joueurs devront simplement activer l'option dédiée à la qualité d'image dans les paramètres du système. Cela concernera une pléthore de titres majeurs sortis ces deux dernières années, comme Assassin’s Creed: Shadows, Kingdom Come Deliverance 2, Marvel’s Spider-Man 2 et Battlefield 6. Les futures sorties, à l'image de 007: First Light, intégreront évidemment ces optimisations d'office.
Cette prouesse technique est le fruit d'un partenariat étroit avec AMD, développé sous le nom de "Project Amethyst". Ensemble, ils ont façonné le FSR Redstone, la génération actuelle du FidelityFX Super Resolution. La principale difficulté résidait dans l'architecture même de la console, basée sur l'ancienne microarchitecture GPU RDNA 2. À l'origine, ces modèles FSR 4 et Redstone étaient une exclusivité absolue des cartes graphiques PC RDNA 4, à l'instar de la puissante Radeon RX 9070 XT. Nous nous doutions cependant qu'un portage était envisageable, d'autant que des moddeurs avaient déjà réussi à adapter cet outil sur des puces RDNA 3.
Aujourd'hui, le résultat est incontestable. Selon les analyses pointues de Digital Foundry, Resident Evil Requiem sur PS5 Pro parvient à tenir un mode 1080p à soixante images par seconde avec le ray tracing activé, ou s'envole vers les cent vingt images par seconde sans cette option. Les nouveaux éclairages modifient radicalement l'atmosphère lugubre du jeu, notamment dans les rues explorées au début de l'aventure où la lumière se reflète avec un réalisme bluffant sur les trottoirs détrempés. Si le jeu tourne de manière identique à la PS5 classique lorsqu'on désactive le ray tracing, Requiem semble être le tout premier titre à concrétiser la promesse initiale d'un ray tracing fluide et spectaculaire sur console de salon.
Le souci du détail est poussé à son paroxysme. Masaru Ijuin, développeur chez Capcom, souligne que cette mise à jour permet de distinguer individuellement chaque mèche de cheveux de l'héroïne, Grace Ashcroft. Ces raffinements visuels s'adressent en priorité aux joueurs les plus exigeants en matière de fidélité graphique. Si la PlayStation 5 classique restera indéniablement la plateforme de prédilection pour l'immense majorité du public, la PS5 Pro montre enfin son véritable potentiel. Alors que la perspective d'une PlayStation 6 semble encore reculée de plusieurs années, Sony prouve que cette génération matérielle peut jouer les prolongations. Dans un contexte économique où le prix des composants fait flamber le coût du matériel informatique, investir 800 euros dans une PS5 Pro pourrait bien représenter la meilleure alternative pour profiter de graphismes de pointe sans avoir à se ruiner dans un PC gaming hors de prix.

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