ROMAIN LECLAIRE

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Tempête chez Ubisoft - Le studio de Toronto frappé par une nouvelle vague de licenciements

Tempête chez Ubisoft - Le studio de Toronto frappé par une nouvelle vague de licenciements

L'année en cours s'avère d'ores et déjà particulièrement sombre pour l'industrie du jeu vidéo et notre géant français Ubisoft n'échappe malheureusement pas à cette triste tendance. Les mauvaises nouvelles s'enchaînent à un rythme épuisant pour les observateurs du secteur ainsi que pour les passionnés. Le constat est en effet des plus amers, les vagues de licenciements se succèdent au sein de l'entreprise. Aujourd'hui, c'est au tour du studio situé à Toronto d'être la dernière victime en date de cette conjoncture économique implacable. Cette nouvelle secousse soulève de nombreuses inquiétudes quant à l'avenir des équipes de développement et à la stabilité globale de cet éditeur historique.

Le studio canadien de Toronto n'est absolument pas une entité mineure dans l'immense écosystème d'Ubisoft. Bien au contraire, il s'agit de l'une des structures les plus imposantes et les plus respectées de l'éditeur. Ses équipes ont précédemment œuvré sur des titres d'envergure internationale qui ont fortement marqué les joueurs, à l'image de Watch Dogs: Legion ou encore du très populaire Far Cry 6. Pourtant, ce pedigree prestigieux n'a pas suffi à épargner les employés des coupes budgétaires actuelles. Environ quarante postes viennent d'être purement et simplement supprimés au sein de cette succursale. Derrière ces chiffres froids se cachent des professionnels talentueux dont le quotidien vient d'être brutalement bouleversé, illustrant la violence de la restructuration en cours qui frappe même les studios les plus productifs.

Face à cette situation humaine délicate, la direction d'Ubisoft a tenu à s'exprimer par le biais d'un communiqué officiel, partagé par le média Mobile Syrup qui a été le premier à rapporter ces nouveaux licenciements. L'entreprise assure que cette décision n'a pas été prise à la légère et qu'elle ne reflète en aucun cas le talent, le dévouement ou les contributions inestimables des personnes directement touchées. La priorité affichée par l'éditeur est désormais d'accompagner au mieux ces anciens collaborateurs durant cette période de transition difficile. Ubisoft promet ainsi des indemnités de départ complètes ainsi qu'une assistance solide pour le reclassement professionnel. Néanmoins, pour les employés concernés comme pour la communauté, ces mots corporatifs peinent souvent à atténuer le véritable choc d'une telle annonce.

Cette réduction drastique des effectifs soulève inévitablement des questions légitimes sur les projets en cours de développement, et plus particulièrement sur le très attendu remake de Splinter Cell. Annoncé en grande pompe en 2021, ce titre a été confié justement aux mains expertes d'Ubisoft Toronto. L'éditeur français s'est voulu rassurant sur ce point, affirmant avec conviction que le développement du jeu suit toujours son cours normal. Le studio canadien continuera donc de porter ce projet ambitieux tout en apportant son assistance habituelle sur la création d'autres licences de l'entreprise. Le sort d'autres franchises a cependant été beaucoup moins clément récemment. Dans le cadre de cette restructuration chaotique, la société a annulé un autre projet de grande envergure, à savoir le remake de The Prince of Persia: The Sands of Time, témoignant des difficultés profondes à mener certains chantiers à leur terme.

Le drame humain qui se joue à Toronto s'inscrit malheureusement dans un contexte systémique. Ces licenciements font suite à des coupes similaires qui ont récemment frappé les studios suédois de l'entreprise. Plus inquiétant encore, le siège social parisien pourrait également voir partir jusqu'à deux cents de ses collaborateurs. Ces suppressions de postes en cascade sont les victimes collatérales d'une réorganisation globale au sein d'une société visiblement en difficulté. Le mécontentement face à ces mesures de réduction des coûts a d'ailleurs atteint un point de rupture historique. La semaine dernière, pas moins de mille deux cents employés se sont mis en grève pour exprimer leur désarroi face à cette politique. Ce mouvement d'ampleur souligne l'urgence de la situation pour notre géant français.

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