Les objets connectés intégrant de l'intelligence artificielle semblent inévitables aujourd'hui et Qualcomm en est convaincu. À l'occasion du MWC 2026 à Barcelone, le fabricant a dévoilé son nouveau Snapdragon Wear Elite, une puce pensée non seulement pour les montres connectées, mais aussi pour toute une nouvelle génération d'appareils à porter sur soi.
Qualcomm qualifie ce composant de puce "wrist plus", c'est-à-dire conçue au-delà du simple poignet. Elle ne remplace pas la W5 Plus Gen 2 (qui reste dans la gamme haute performance) mais vient compléter l'offre pour des fabricants qui souhaitent explorer des formats inédits: badges épinglés sur la veste, pendentifs, lunettes intelligentes sans affichage... Le champ des possibles s'élargit considérablement.
Sur le plan technique, le Snapdragon Wear Elite s'appuie sur un procédé de gravure en 3 nm avec une architecture big.LITTLE, une première dans cette gamme. Le grand cœur cadencé à 2,1 GHz accélère le lancement des applications et les démarrages, épaulé par quatre cœurs plus économes à 1,95 GHz. Par rapport à la W5+ Gen 2, les performances CPU en monocœur progressent de cinq fois, et le GPU Adreno offre jusqu'à sept fois plus de fluidité, avec un support de la résolution 1080p à 60 images par seconde.
L'IA est clairement au cœur de cette puce. Elle embarque un NPU Hexagon capable de faire tourner des modèles atteignant 2 milliards de paramètres directement sur l'appareil, à une vitesse de 10 tokens par seconde. Cela ouvre la porte à des fonctions comme les assistants personnels, la transcription en temps réel, la traduction, la reconnaissance visuelle ou encore la journalisation automatique du quotidien. Pour les usages en permanence active mais moins gourmands (détection de mots-clés, reconnaissance d'activité, suppression du bruit) un eNPU dédié prend le relais, remplaçant l'architecture co-processeur des générations précédentes.
La connectivité n'est pas en reste: Wi-Fi 802.11ax, Bluetooth 6.0, UWB (pour la première fois intégré pour des usages de déverrouillage), 5G RedCap, GNSS et même la connectivité satellite via NB-NTN sont au programme. La recharge rapide 9V permet d'atteindre 50% de batterie en seulement dix minutes, et Qualcomm annonce 30% d'autonomie supplémentaire par rapport à la génération précédente. La puce prend en charge Android, Wear OS, mais aussi Linux, pour les startups souhaitant travailler sur des systèmes propriétaires allégés. Google a d'ailleurs salué l'annonce, affirmant que Wear OS évolue vers un système intelligent toujours présent, tandis que Samsung a confirmé que la prochaine Galaxy Watch exploitera le Snapdragon Wear Elite pour devenir un compagnon santé encore plus complet.
Mais au-delà des montres, c'est surtout l'écosystème en développement qui intrigue. Qualcomm est déjà en discussions avec plusieurs entreprises cherchant à créer le wearable IA qui fera enfin sens. On pense aux lunettes connectées, aux badges intelligents ou aux pendentifs à caméra. Les grandes manœuvres sont déjà en cours. Apple travaillerait justement sur un pendentif IA, pendant qu'OpenAI et le designer légendaire Jony Ive laissent planer le mystère sur leur prochain projet commun.
Les précédentes tentatives dans ce domaine (notamment l'AI Pin de Humane, qui a levé 240 millions de dollars avant de s'effondrer sous les critiques) ont montré à quel point l'équation est difficile à résoudre. Une puce performante ne suffit pas si l'objet ne répond à aucun besoin réel. Qualcomm le sait, et son directeur senior de gestion de projet, John Kehrli, l'admet volontiers: "Ce qui a du sens pour vous n'en aura peut-être pas pour moi." Les premiers appareils fonctionnant avec le Snapdragon Wear Elite sont attendus dans les prochains mois. La course aux wearables IA est relancée. Reste à savoir si cette fois, quelqu'un franchira vraiment la ligne d'arrivée.

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