Romain Leclaire

Tech et Culture Numérique

Un nouveau label "Partenariat Rémunéré" débarque pour les créateurs sur X

 

Un nouveau label "Partenariat Rémunéré" débarque pour les créateurs sur X

Ce lundi, le réseau social X a franchi une étape très attendue par sa communauté en annonçant l'introduction d'un tout nouveau label intitulé « Partenariat Rémunéré ». Cette fonctionnalité inédite permet désormais aux créateurs de contenu de signaler de manière claire et univoque lorsque leurs publications relèvent de la publicité ou du sponsoring. C'est une excellente nouvelle pour l'authenticité des échanges en ligne. En effet, cette nouveauté va aider les abonnés à distinguer facilement une recommandation sincère et spontanée d'un placement de produit monétisé. Par la même occasion, cette initiative permet à la plateforme de se mettre en stricte conformité avec les réglementations actuelles qui exigent un étiquetage explicite des publicités sur les médias sociaux.

Pendant très longtemps, les créateurs évoluant sur X se sont retrouvés plutôt démunis face à l'absence d'un outil natif et intégré pour déclarer leurs collaborations commerciales. Pour pallier ce manque évident, ils étaient contraints de bricoler en utilisant des hashtags parfois disgracieux ou répétitifs, tels que #paidpartnership ou le très classique #ad. Avec ce nouveau dispositif, la donne change radicalement pour les influenceurs. Ils auront désormais la possibilité d'activer un simple paramètre de divulgation de contenu au moment de la rédaction de leur message. Une fois cette option cochée, la mention signalant le partenariat rémunéré s'affichera directement et proprement juste en dessous du contenu de la publication. 

Fait intéressant et particulièrement pratique au quotidien, ce label pourra également être appliqué a posteriori. C'est une véritable bouée de sauvetage pour ceux qui auraient simplement oublié de cocher la case lors de la publication initiale. L'ère des hashtags encombrants, qui semblent d'ailleurs de plus en plus dépassés, touche à sa fin. À titre de comparaison, lorsque Instagram a lancé Threads, son concurrent direct à X, le réseau a carrément fait le choix de supprimer totalement le symbole dièse.

Il faut tout de même admettre que sur le terrain de la transparence publicitaire, X accusait un certain retard par rapport à ses concurrents historiques. Des balises similaires existent en effet depuis des années sur d'autres plateformes, à l'image d'Instagram. Dès 2017, le régulateur du commerce américain avait lancé un avertissement sévère aux influenceurs, leur rappelant l'obligation de divulguer de manière claire et apparente tout parrainage ou soutien financier de la part d'un annonceur. Instagram a d'ailleurs continué d'innover sur ce point l'année dernière, en élargissant ses publicités de partenariat pour permettre aux créateurs d'être rémunérés pour des témoignages écrits partagés directement dans les commentaires des publications d'une marque. 

En intégrant enfin cette fonctionnalité, X cherche clairement à rattraper son retard et à séduire une classe de créateurs de contenu que l'entreprise courtise assidûment depuis un certain temps. Malgré des offres alléchantes incluant des rémunérations pour les contenus viraux, le partage des revenus publicitaires ou encore la mise en place d'abonnements, le réseau social peine encore à rivaliser avec l'attractivité d'Instagram ou de YouTube, restant perçu avant tout comme le lieu incontournable de l'actualité en temps réel plutôt que celui de la monétisation lifestyle.

Nikitia Bier, le directeur des produits chez X, a parfaitement résumé l'enjeu de cette mise à jour très stratégique. Selon lui, cette fonctionnalité offre aux créateurs l'opportunité d'être totalement transparents avec leur communauté tout en respectant scrupuleusement les lois. Dans un message annonçant la nouvelle, il a souligné que si l'objectif est d'encourager les utilisateurs à développer leurs activités professionnelles sur la plateforme, les promotions dissimulées nuisent gravement à l'intégrité du produit et finissent par éroder la confiance que les internautes accordent au contenu qu'ils lisent. 

Cette quête d'authenticité et de qualité ne s'arrête d'ailleurs pas là. La semaine dernière, X a opéré d'autres changements importants en annonçant que son interface de programmation ne pourrait plus être utilisée pour générer des réponses automatiques, à moins que l'auteur original n'ait mentionné l'utilisateur ou ne l'ait explicitement cité. Cette mesure drastique vise à réduire l'impact grandissant des activités indésirables générées par les intelligences artificielles. Ces fausses réponses automatisées pouvaient en effet être allègrement exploitées par des marques peu scrupuleuses pour simuler de faux avis de clients enthousiastes sous des contenus sponsorisés.

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